Critique film Zion réalisé par Nelson Foix
En
Guadeloupe, Chris partage son temps entre deals, aventures sans
lendemain et rodéos en moto. Repéré par Odell, le caïd du quartier
voisin, Chris se voit confier une livraison à risque. Malgré la mise en
garde de son meilleur ami, il accepte la mission. Mais le jour de la
livraison, il découvre qu'un bébé a été déposé devant sa porte. Commence
alors pour lui, une course infernale qui le mènera à un choix
crucial...
Ma critique :
Pour celles et ceux qui connaissent les Antilles, et notamment la Guadeloupe, à condition qu'il n'aient pas parcouru que les plages paradisiaques, on retrouve fortement l'ambiance qu'il règne là-bas. Bien entendu il ne faut pas en visionnant ce film faire une généralité, mais les cités sont représentées comme il se doit avec tout ce qui s'y passe.
Chris, un garçon qui ne pense pas à mal, mais qui traîne la journée, fait des courses de rodéo à moto, découvre un jour, devant sa porte, un bébé dont il est apparemment le père. Alors qu'il tente de gagner de l'argent - de manière douteuse - il va se retrouver dans une affaire qui le dépasse.
Ce jeune homme est complètement irresponsable. Jamais à l'heure, commettant bêtise sur bêtise, ce dernier ne se rend pas compte de la portée de ses actes et l'on voit bien qu'il n'est pas dans la vraie vie. Il va devoir faire des choix pour enfin devenir adulte, car mentalement il est loin de l'être. De plus, en colère après son père, il va peut-être mieux le comprendre et se rapprocher de lui après des années à avoir coupé les ponts avec ce dernier.
Trafic de drogues, bagarres, courses poursuites, deviennent donc le quotidien, durant le temps du film, de Chris qui est complètement dépassé.
L'acteur est criant de vérité, mais il faut avouer que dans ce rôle il est parfaitement insouciant et on se demande s'il est conscient de ce qu'il fait et de ce qu'il provoque avec ces faits et gestes, surtout avec un bébé dans un cabas !!!
Le réalisateur nous plonge également dans le monde du carnaval qui a lieu tous les ans, mais également des émeutes qui en découlent et qui sont légion sur cette île. Il faut avouer que bien souvent, comme pour chaque territoire français, le peuple est quelque peu laissé pour compte. La capitale Pointe-à-Pitre est largement mise en avant mais du côté moins connu.
En fait Nelson Foix, pour réaliser ce film, est parti du court-métrage de Timoun Aw (Ton gamin) en créole guadeloupéen, pour en faire un long. Bien lui en a pris.
Il nous mène durant 1 h 40 car dans une course effrénée où le protagoniste n'a pas le temps de souffler. Le scénario tient la route, la façon de filmer le réalisateur est intéressante avec une lumière claire/obscure et la musique y tient une grande place. Cette dernière renforce l’identité du film et son ancrage culturel et social. Le compositeur Brice Davoli signe une partition originale qui accompagne avec justesse les tensions du récit et l’évolution des personnages.
On aime retrouver le soir le chant des grenouilles, la moiteur de là-bas et après le film Marmaille, qui se déroule à La Réunion, il est bon de retourner sur les îles du côté Antilles cette fois-ci.
Ce jeune homme à la dérive, va devoir s'affirmer et grandir et surtout s'en sortir. Ce thriller sous haute tension, où bagarres, courses contre la montre
sont au rendez-vous donne un premier film audacieux de Nelson Foix.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Nelson Foix a grandi entre Bondy et la Guadeloupe. Son cinéma, nourri de ce double héritage, traverse un univers à la fois bitumeux et lumineux. Culture urbaine et couleurs de son île se manifestent dans un sens esthétique direct et enflammé.Grand sportif, musicien et rappeur, sa formation artistique et son rapport au corps forgé par l’athlétisme et la boxe, se trouvent catalysés par le cinéma comme moyen d’expression total, fort et incarné
Le rôle de son père est tenu par Philippe Calodat qui a plus de 30 ans de carrière et qui est surtout connu comme humoriste. On a surtout vu ce dernier à la télévision comme dans Tropiques criminels, ou Meurtres à Marie-Galante, ainsi qu'au cinéma notamment dans Siméon.
A noter que ce long métrage tourné en Créole, a été financé en partie par Kissfilms, la société de production de Jamel Debbouze, dirigée par Slievan Harkin, qui s'est beaucoup investi pour Zion.
MA NOTE : 3.7/5
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