Critique film Fausse note réalisé par Alexandre Arcady
AU CINÉMA LE 7 OCTOBRE 2026
FAUSSE NOTE
Réalisé par Alexandre Arcady
D'après l’œuvre originale de Didier Caron
Avec : Kad Merad, Benoît Poelvoorde, Caterina Murino, Pascale Louange, Christian Morin, Matthias Van Khache, Anne Gravoin, Jean-Claude de Goros, Enaëlle Dion, Sarah Desanges
Distribué par Maverick Films
Genre : Drame
Origine : France
Durée : 1 h 30
Synopsis :
Lors de son ultime concert à Paris, un chef d’orchestre de renom est confronté à un admirateur insistant. Sous ses apparences de « Monsieur tout le monde », le « Fan » s’infiltre dans l’Opéra, perturbe la soirée et force un face à face inattendu avec le chef d’orchestre. Surgit alors un passé commun enfoui, où la musique devient le révélateur d’une vérité bouleversante. Une nuit de tension et de vérité où la mémoire, la culpabilité et la justice s’affrontent en sourdine.
Ma critique :
Ce face à face mettant en scène deux hommes dans un lieu qu'est le théâtre, m'a emballé. En effet, on pourrait croire que tout les oppose et pourtant quelque chose les relie.
Inspiré de l’œuvre de Didier Caron, le réalisateur nous offre un thriller psychologique.
Alexandre Miller, interprété par Benoît Poelvoorde, chef d'orchestre mondialement connu, après avoir officié au Théâtre Favart, plus connu sous le nom de l'Opéra Comique de Paris, va monter sur scène pour son dernier concert puisqu'il a reçu une proposition en Allemagne et plus précisément à Berlin pour diriger un orchestre, et va partir s'installer là-bas avec sa famille.
On comprend rapidement que quelque chose le lie à ce pays mais quoi ?
A l'issue du concert Nathan Dinkel, joué par Kad Merad, que l'on croit être un fan absolu du maître, vient d'abord lui demander un autographe, puis une photo en s'infiltrant dans sa loge, et devient de plus en plus envahissant et pressant jusqu'à tenter de lui remémorer certains faits et va lui dévoiler pourquoi réellement il est là.
Tourné en huis-clos, même s'il y a quelques personnages extérieurs avant, pendant et juste après le concert, les deux interprètes principaux sont Kad Merad et Benoît Poelvoordre qui se livrent un combat verbal et qui sont magistraux.
Même si on a pu les voir dans d'autres registres, ils font une performance d'acteurs éblouissante et on apprécie de les voir se donner la réplique. Leur prestation est grave, profonde et sans doute n'ont-ils jamais été aussi bons.
Le suspens est là bien présent, même si on a une idée du pourquoi du comment, on attend avec impatience d'en savoir plus et où le réalisateur va nous mener ainsi que les comédiens qu'il dirige de main de maître.
Une histoire poignante, qui se déroule en 1990, année de la chute du mur de Berlin. Si Nathan Denkel est au départ jovial, avec une bonhomie qui fait qu'il ne paraît pas bien méchant, on comprend par la suite sa démarche mais jusqu'où va t'il aller et au fur et à mesure il devient un personnage très inquiétant ?
Quant à Alexandre Miller, très imbu de lui-même, il supporte cette incrustation jusqu'à un certain point et on le sent sur les nerfs. Il est assez rabaissant vis à vis de Nathan mais va devoir se radoucir. Petit à petit, il se demande ce que lui veut cet homme.
Fait-il semblant de ne pas comprendre, peut-être n'y a t'il rien à comprendre. Qui ment, qui a raison. Un jeu du chat et de la souris s'engage et jusqu’où ce duel ira t'il ?
Ce long métrage va à l'essentiel, pas de superflu, une histoire qui pourrait paraître banale et presque amusante par l'insistance de Kad Merad vis à vis de Benoit Poelvoorde mais qui devient rapidement austère par la situation.
Il y a aura des moments de flashbacks joués par d'autres comédiens afin de remettre bien remettre le récit dans le contexte. Bien qu'écrit par Didier Caron, par moments on retrouve l'atmosphère de Stefan Zweig qui savait aussi maintenir une atmosphère pesante.
La musique est bien évidemment essentielle, et en plus du concert, on va avec les deux artistes entendre certaines œuvres et les voir au violon, au piano. On va entendre du Chopin, du Mozart, du Beethoven et même si on n'est pas forcément attiré par ce style, le choix musical se marie parfaitement à l'ambiance du film.
Dans un cadre, même s'il est beau, mais dépourvu de public, il devient austère dans certaines plans, surtout dans les coulisses, et la tension va crescendo.
Quant à l'histoire, même si dès le début je me suis doutée que la guerre de 40 était en toile de fond, l'intrigue est bien menée et le suspens règne jusqu'à la fin.
Pour ma part, un film abouti qui tient toutes ses promesses. Le réalisateur joue comme un maestro et manie les notes avec virtuosité pour atteindre celle finale qui sonnera le glas pour l'un des deux.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Alexandre Arcady est un réalisateur français qui a fait le choix de tourner lorsqu'une histoire l'intéresse réellement mais qui livre souvent des films liés à un fait divers ou un moment de son passé. Il rend souvent hommage et c'est le cas ici aussi.
Après plus de 50 ans de carrière et plus de 20 longs métrages proposés il a reçu le prix d'honneur Henri Langlois aux Rencontres du patrimoine en 2014, et il a remporté un prix avec Ce que le jour doit à la nuit au Festival du film du Croisic en 2012.
Dans sa filmographie on trouve :
LE PETIT BLOND DE LA CASBAH (2023)
24 JOURS (2014)
CE QUE LE JOUR DOIT À LA NUIT (2011)
COMME LES CINQ DOIGTS DE LA MAIN (2010)
TU PEUX GARDER UN SECRET ? (2007)
MARIAGE MIXTE (2004)
ENTRE CHIENS ET LOUPS (2002)
LÀ-BAS... MON PAYS (1999)
K (1997)
DIS-MOI OUI (1995)
LE GRAND PARDON II (1992)
POUR SACHA (1991)
L’UNION SACRÉE (1989)
DERNIER ÉTÉ À TANGER (1987)
HOLD-UP (1985)
LE GRAND CARNAVAL (1983)
LE GRAND PARDON (1982)
LE COUP DE SIROCCO (1979
MA NOTE : 3.9/5
Crédits photos et vidéo : Jean-Philippe Baltel - Maverick Films
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AU CINÉMA LE 7 OCTOBRE 2026 FAUSSE NOTE Réalisé par Alexandre Arcady D'après l’œuvre originale de Didier Caron Avec : Kad Merad ,...














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