LE PASSAGE DU TEMPS Les bergers nomades en Mongolie
Réalisé par Roberto Garçon
Genre : Documentaire
Durée : 27mn
Synopsis :
Dans ce documentaire, je pars avec un ami en immersion auprès d'une famille de bergers nomades dans l'extrême-est de la Mongolie. Je vous raconte tout. Le mode de vie, les rencontres, les doutes, les réflexions, les péripéties..
Quand la Mongolie est apparue pour la première fois dans mon esprit, j'ai pensé aux steppes, aux chevaux, et à ces nomades aux traditions millénaires. Je me suis imaginé que là-bas, je pourrais reprendre le contrôle du temps, que je pourrais fuir mon quotidien urbain de journaliste. Je ne savais pas que tout allait être remis en question.
À 22 ans, Roberto Garçon est devenu l’un des plus jeunes journalistes-réalisateurs en France.
Ses
reportages et documentaires ont été diffusés sur France 2, France 3,
France 5, TF1, M6 ou la RTS, dans des programmes comme Envoyé Spécial...
Parmi
eux , "La Guerre de l'info sur le climat", l'un des plus engagés qu'il
ait co-réalisé, a été diffusé devant près d'un million de
téléspectateurs dans Complément d'enquête
Mais
après plusieurs années à enchaîner ces projets, il a ressenti le besoin
profond de quitter cette vie pour se confronter autrement au réel. Il a
abandonné cette voie tracée pour traverser le monde et explorer
d’autres manières de vivre, de raconter et de transmettre.
Depuis,
il construit un travail entre journalisme immersif, écriture, et
engagement solidaire. Il a vécu avec les Achuar en Amazonie, des moines
bouddhistes en Thaïlande, des bergers nomades en Mongolie... Ces
expériences nourrissent des projets multiples : documentaires, photos,
livres, conférences...
Loin d'ici, son récit intime et auto-biographique aux éditions Partis Pour (collection "La croisée des chemins") traverse la Jordanie, l'Amazonie, le Brésil et la Thaïlande.
A propos de ce documentaire :
Réalisé et
produit par Roberto Garçon, 27 ans, Le Passage du temps, est une plongée
sensible dans la communauté des bergers nomades de Mongolie, vécue de
l'intérieur, sans ethnocentrisme ni folklorisme. Porté aussi par des
figures autochtones, le documentaire révèle la richesse d'une culture à
travers celles et ceux qui la font vivre au quotidien. Ni héros
aventurier, ni simple témoin passif, la présence à l'image de Roberto
reste mesurée, discrète, parfois absente et n'apparaît que lorsqu'elle
sert le récit. Sa posture est celle d'un passeur : créer un lien entre
le spectateur et la communauté, en mettant au premier plan les personnes
filmées. Mais ce qui fait sans nul doute la particularité de ce
documentaire, c'est la cassure de ton par rapport à d'autres immersions :
le franc-parler de ce qu'il vit sur place, la raison pour laquelle il
est allé à leur rencontre mais aussi ce qu'il en retient vraiment...
"Il n'y a pas de mondes à part, que des ponts à construire." - Roberto Garçon
Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
Format Blu-ray™ :
~103 Mins – 1 disque BD
Prix public conseillé : 19,99€
Caractéristiques techniques du Blu-Ray™ :
Audio : DTS-HD Master Audio : Français 5.1 & 2.0
Audiodescription : Français
Sous-titres pour sourds et malentendants : Français
JEAN VALJEAN
Réalisé par Eric Besnard
Avec : Grégory Gadebois, Bernard Campan, Isabelle Carré, Alexandra Lamy
Distribué par Warner Bros
Genre : Historique
Origine : France
Durée : 1 h 38
Synopsis :
1815. Jean Valjean (Grégory Gadebois) sort du bagne, brisé, rejeté de tous. Errant sans but, il trouve refuge chez un homme d’Église (Bernard Campan), sa sœur (Isabelle Carré) et leur servante (Alexandra Lamy). Face à cette main tendue, Jean Valjean vacille et, dans cette nuit suspendue, devra choisir qui il veut devenir.
Ma critique :
Même si ce film est tiré de l’œuvre de Victor Hugo, il n'a rien à voir avec tous les films déjà vus. En effet, le réalisateur axe plus l'action du moment où Jean Valjean sort du bagne.
Il parcourt la campagne, la montagne, il cherche à manger, refuge, il est rejeté par tout le monde, jusqu'au moment où il frappe à la porte d'un curé qui va l'accueillir. Ce dernier ne va pas porter de jugement, va lui donner le couvert, l'héberger pour la nuit et au réveil il va s'apercevoir que ce dernier a commis un vol.
Jean Valjean va vite être repris et ramené par les policiers il va être surpris par la réaction de cet homme d'église.
Ce long métrage n'aborde pas la vie de Jean Valjean, juste cette rencontre et le réalisateur mise tout sur les relations que l'ex bagnard peut avoir avec le curé ainsi que sa sœur et sa servante.
On va s'apercevoir que tous les gens ne sont pas égaux et que certains savent ouvrir leur porte, leur cœur à des inconnus même s'ils ont commis de mauvaises actions.
Quant à Jean Valjean après avoir été en prison, il est devenu un homme aigri, qui pense que tout le monde est pareil et cette rencontre va faire qu'il va devenir un autre homme et il va commencer à se poser de nombreuses questions et de bonnes questions. Il va sans doute suite à cette soirée chez le curé, et surtout la réaction qu'il aura, devenir celui que nous connaissons tous.
Un film donc sur une courte période, avec peu d'acteurs et actrices, mais de qualité.
Grégory Gadebois, très amaigri pour ce rôle, joue un Jean Valjean à la perfection. Ce comédien quoi qu'il fasse se fond toujours dans ses personnages.
Bernard Campan dans le rôle de Bienvenu Myriel prouve toutes ses qualités et qu'il excelle aussi bien dans le tragique que le comique.
Isabelle Carré, la sœur de Myriel, est fidèle à son jeu. Douce, avenante elle est admirable également.
Méconnaissable Alexandra Lamy que l'on connaît tellement agréable est justement parmi les personnages celle qui se méfie le plus de Jean Valjean et qui ne l'accepte pas. Un vrai rôle de composition.
Quant au réalisateur Eric Besnard, il tourne entouré d'interprètes qu'il connait bien. En effet, il a déjà dirigé Grégory Gadebois dans Délicieux, Les choses simples et Louise Violet.
Quant à Isabelle Carré elle donnait la réplique à Grégory Gadebois dans Délicieux et Alexandra Lamy avait le rôle principal dans Louise Violet.
Eric Besnard offre un moment de littérature via le cinéma. De beaux paysages, une histoire centrée sur quelques jours, des flashbacks au bagne où était Jean Valjean.
Il met bien en avant la valeur qu'ont certaines personnes vis à vis d'autres et en adaptant une partie de l’œuvre de Victor Hugo il nous fait découvrir Jean Valjean autrement.
Un film intéressant par certains plans, certaines scènes et pour découvrir comment peut être l'être humain. Ce Jean Valjean qui est proposé est différent de ce tout ce que l'on a pu voir jusqu'à présent.
MA NOTE : 3.4/5
Crédits photos et vidéo : Warner Bros
DISPONIBLE EN DVD ET BLURAY LE 8 AVRIL 2026 Format DVD : ...
Le Musée de l’Homme propose, à partir du 8 avril 2026, une
exposition consacrée aux grands âges de la vie humaine. Mêlant art et
science, elle est le fruit de la rencontre entre le photographe Nikos
Aliagas, qui explore le sujet tout en finesse depuis plusieurs
décennies, et le biodémographe Samuel Pavard, professeur au Muséum,
spécialiste du vieillissement. Elle se tiendra dans le Foyer Germaine
Tillion, jusqu’au 3 janvier 2027.
En
croisant leurs regards à la fois lucides et délicats sur la vieillesse
comme réalité biologique, démographique et sociale, Samuel Pavard et
Nikos Aliagas font émerger ensemble des questions sur notre relation au
temps, sur la place que notre société fait aux grands âges et sur les
liens que les différentes générations entretiennent entre elles.
Les
thématiques scientifiques portées par le chercheur trouvent un écho
saisissant dans les photographies de Nikos Aliagas qui, depuis de
nombreuses années, photographie les visages du temps qui passe. Les
images présentées dans l’exposition ont été choisies pour leur capacité à
rendre visible ce qui demeure souvent silencieux : la dignité des corps
vieillissants, la persistance des gestes, la transmission invisible
entre générations. Ce travail s’inscrit dans une approche humaniste et
anthropologique, attentive à la mémoire incarnée, aux liens familiaux et
aux traces laissées par l’existence. À travers ces portraits, Nikos
Aliagas interroge notre rapport collectif à l’âge, au temps long et à la
place que nous accordons aux anciens dans nos sociétés contemporaines.
Il capte dans l’intime ce que l’analyse démographique observe à
l’échelle de la société.
L’histoire naturelle de la vieillesse
Après
avoir resitué la longévité humaine sur l’échelle du reste du vivant, le
parcours montre que la vieillesse a toujours fait partie des sociétés
humaines. Même lorsque l’espérance de vie était faible, notamment du
fait d’une mortalité infantile élevée, il n’était pas rare que certains
individus atteignent, voire dépassent la soixantaine. D’ailleurs, les
personnes âgées ont toujours tenu un rôle fondamental dans les sociétés
humaines : soins apportés aux petits-enfants, transmissions de biens
matériels et de savoirs aux générations suivantes, médiation des
conflits ou contribution aux choix de groupe.
La vieillesse aujourd’hui
L’exposition
se tourne ensuite vers les grands âges d’aujourd’hui et l’augmentation
de l’espérance de vie qui atteint plus de 70 ans dans la majorité des
pays d’Europe, d’Asie, d’Océanie et d’Amérique. Les personnes âgées
constituent un enjeu majeur de santé publique et de politique sociale,
et génèrent deux représentations opposées : celle d’une vieillesse
heureuse, active et utile, et celle de personnes isolées, dépendantes,
précaires, en souffrance.
Et demain ?
Saurons-nous
protéger les personnes âgées des crises du monde ? Vagues de chaleurs
aiguës, crises sanitaires inédites, épidémies de cancers et de maladies
chroniques ou dégénératives causées par des polluants… tous ces facteurs
font planer une menace accrue sur la santé humaine en général, et sur
la survie des personnes âgées en particulier. Les solutions qui doivent
être trouvées pour limiter les impacts humains sur le climat et sur la
biodiversité sont aussi celles qui permettraient aux humains de vivre
longtemps en bonne santé.
A propos de Nikos Aliagas
Issu d’une famille grecque, Nikos Aliagas est né à Paris en 1969. Journaliste, il commence son parcours professionnel à RFI puis Euronews et multiplie les expériences sur les chaînes grecques et françaises. Depuis 2001, il présente des émissions emblématiques de TF1, comme la Star Academy ou The Voice, et devient un animateur incontournable du paysage audiovisuel. Nikos Aliagas est aussi photographe depuis son plus jeune âge. Dans un noir et blanc puissant, piqué et contrasté, il photographie la Grèce et les peuples de la mer, l’enfance, la vieillesse, les voyages, les âmes nomades, le sacré, les travailleurs de la terre, la nostalgie du retour, les artisans ou les artistes. Ses œuvres ont fait l’objet de trois livres et d’une quinzaine d’expositions.
A propos de Samuel Pavard
Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et chercheur associé à l’Institut national d’études démographiques, Samuel Pavard a publié en 2004 une thèse en écologie humaine, sous la direction d’Evelyne Heyer, avant de se diriger vers l’étude de la démographie humaine, et plus particulièrement la biodémographie. Après un post-doctorat au prestigieux Institut Max Planck pour la Recherche en Démographie, à Rostock en Allemagne, il devient en 2009 maître de conférences au Muséum, avant d’accéder au titre de professeur en 2021. Il s’investit particulièrement dans la diffusion des sciences vers le grand public.
Avec : Llúcia Garcia, Mitch, Tristan Ulloa, Alberto Gracia
Distribué par Ad Vitam
Origine : Drame
Genre : Espagne, Allemagne
Durée : 1 h 52
Synopsis :
Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures,
Marina, adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa
véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a
jamais quittée, elle se rend sur la côte atlantique et rencontre tout un
pan de sa famille paternelle qu’elle ne connaît pas. L’arrivée de
Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses
parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et
les hontes…
Ma critique :
Largement inspirée de son histoire personnelle, la réalisatrice nous offre un film intimiste et très intéressant sur la quête de l'identité.
Marina vient passer des vacances en Galicie dans de la famille qu'elle ne connaît pas et afin d'obtenir un papier qui lui permettra d'obtenir une bourse pour ses études. En allant chercher ce document elle va s'apercevoir qu'elle n'a pas été reconnue par son père.
Il lui faut être acceptée par les différents membres, oncles, tantes, cousins, cousines, et surtout par ses grands-parents afin qu'ils acceptent de la reconnaître comme membre à part entière.
Marina a été adoptée, ses parents sont décédés, mais mis à part le journal intime de sa mère, qui sera presque un personnage à part entière dans ce long métrage, elle ne sait pas grand chose de ceux-ci et surtout de son père.
Elle va mener une enquête en questionnant ses oncles, tantes, mais tous ne répondent pas de la même manière et qui sait vraiment ce qui s'est déroulé ? Elle se rend compte qu'il y a de lourds secrets de famille.
Des faits à cacher ? Une histoire compliquée ? En rencontrant différents personnages qui ont gravité autour de son père et du couple qu'il formait avec sa mère, elle va tâcher de reconstituer leur histoire et son passé.
Brillamment construit, ce long métrage, aborde la question des non-dits, des histoires de famille qu'il faut taire, mais également la drogue, le sexe libéré de l'époque où les parents de Marina se sont connus, le SIDA et autres thèmes très intéressants.
La famille est centrale, et Marina y cherche sa place sans vraiment la trouver. Elle n'est pas intéressée par l'argent, comme on pourra le constater, mais simplement par une reconnaissance de la part des grands-parents qui ne vient pas.
Les liens entre les différents membres d'une famille se créent normalement dès la plus tendre enfance, ce qui ne fût pas le cas pour Marina. Elle est marquée par le fait de ne pas savoir, d'avoir été adoptée, de ne pas en connaître plus sur ses parents, et surtout sur son père, et ne sera libérée que lorsqu'elle connaîtra la vérité.
Par contre, elle filme beaucoup et sa caméra est un peu son échappatoire et elle reconstitue un peu l'histoire de ses parents en filmant les endroits où ils sont allés.
Marina a une certaine douleur qui est enfouie, mais elle est tout de même très forte et ira jusqu'au bout de ce voyage et ce qu'elle est venue chercher.
La réalisatrice mélange allègrement scènes tournées par Marina, présent, mais aussi souvenirs en incorporant dans ce long métrage une partie où l'on voit ses parents qui sont interprétés par les mêmes acteurs comme Marina pour sa mère et son cousin Nino pour son père.
Elle aborde largement une génération libérée qui se droguait, vivait nue, ne travaillait pas forcément et qui tombait dans des excès qui pouvaient les mener vers la mort.
Carla Simon nous fait bien ressentir la froideur de certains personnages à l'égard de Marina alors que d'autres l’accueillent à bras ouverts.
La jeune et jolie actrice Llúcia Garcia est admirable et nous livre une jolie prestation aussi bien lorsqu'elle est Marina que lorsque l'on va la découvrir dans la peau de sa mère durant quelques scènes.
Tour à tour encore un peu enfant, timide, elle va arriver peu sûre d'elle et repartir libérée et en ayant montré la force de caractère qui couvait en elle.
La mémoire est importante pour les souvenirs et tout ce qu'ils peuvent créer. La famille est notre ancrage, avec ses hauts et ses bas et Romeria n'échappe pas à la règle et nous captive pendant près de 2h.
Pour en savoir plus :
A propos de la réalisatrice
Née en 1986, Carla Simón est scénariste et réalisatrice, et grandit dans un petit village de Catalogne. Venant d’une grande famille, source infinie d’histoires, elle va décider de réaliser des films. Après son diplôme en communication audiovisuelle à Barcelone, elle obtient une bourse pour faire un master à la London Film School.
Été 93 (2017), son premier long métrage, est autobiographique. Il a remporté le prix du meilleur premier film et le Grand Prix Génération Kplus à la Berlinale, ainsi que trois Goya, dont celui de la meilleure nouvelle réalisatrice. Le film a représenté l’Espagne aux Oscars 2018, est nominé aux European Film Awards (European Discovery - Prix FIPRESCI) et permet à Carla Simón de recevoir le prix Kering «Emerging Women in Motion» à Cannes.
En 2022, aux Giornate degli Autori du 79e Festival International du Film de Venise, Carla Simón a présenté son dernier court métrage Lettre à ma mère pour mon fils, des Miu Miu Women’s Tales, une plateforme de commande de courts métrages pour les réalisatrices. Son second long métrage, Nos soleils (2022) est lauréat du prestigieux Ours d’Or de la Berlinale. Sélectionné dans plus de 90 festivals internationaux, il a été vendu dans plus de 35 pays. Il a représenté l’Espagne aux Oscars 2023, a obtenu trois nominations aux European Film Awards et remporté 6 prix Gaudí de l’Académie catalane du cinéma.
En 2023, Carla a reçu le prix national du cinéma espagnol.
Romería, le troisième long métrage de Carla Simón, a été présenté en première mondiale en Compétition Officielle du Festival de Cannes 2025.
Note d'intention de la réalisatrice
" Je viens d’une grande famille remplie d’histoires, elle est devenue ma principale source d’inspiration. Les relations familiales me fascinent parce que nous ne les choisissons pas. Mon père est mort quand j’avais trois ans et ma mère quand j’en avais six, tous les deux du sida. La dernière fois que j’ai vu la famille de mon père, c’était à l’occasion de l’enterrement de ma mère, après quoi nous avons cessé toute relation. Beaucoup plus tard, au moment d’entrer à l’université, j’ai dû reprendre contact avec mes grands-parents pour récupérer les certificats de décès de mes parents. C’est à ce moment-là qu’un de mes oncles m’a m’invitée à venir leur rendre visite. Ma curiosité et mon désir de connaître mes origines l’ont emporté sur le ressentiment né de ces années de silence.
À 18 ans, je suis donc partie à la rencontre de la famille de mon père pour découvrir l’histoire de mes parents. Mes parents étaient jeunes lors de la transition démocratique de l’Espagne des années 1980, une période de liberté et d’expérimentation pendant laquelle la jeunesse s’est détachée des valeurs héritées d’une société profondément catholique et conservatrice. Cependant, cette période de liberté tant attendue, connue sous le nom de « La Movida », a également entraîné une crise de l’héroïne, faisant de l’Espagne le plus haut taux de mortalité lié au sida en Europe. Mais ces histoires ont souvent été réduites au silence.
Romería est un film sur la mémoire, sur les moments familiaux que nous ne saisirons jamais complètement. J’ai tenté de reconstituer l’histoire de mes parents à travers les souvenirs de ma famille et ceux qui les ont connus, mais je n’ai pas réussi. Évidemment, la nature intrinsèquement fragmentaire de la mémoire entre en jeu, mais le principal obstacle est la stigmatisation qui entoure le sida et brouille ces souvenirs. Cette histoire vise à retrouver l’héritage d’une génération oubliée qui a subi les doubles conséquences de la dépendance à l’héroïne et de l’émergence d’un nouveau virus.
C’est une partie de la mémoire historique de l’Espagne qui mérite d’être revisitée. Frustrée par l’impossibilité de découvrir l’intégralité de l’histoire de mes parents, j’ai opté pour la création du souvenir qui me manquait. Peut-on fabriquer nos propres souvenirs lorsqu’ils n’existent pas ? Pour se façonner une identité, je crois que nous pouvons - et devons - établir une relation plus saine avec le passé. Pour ça, heureusement, j’ai le cinéma ". - Carla Simón *
MA NOTE : 3.7/5
Festivals
Festival de Cannes - Sélection Officielle - En Compétition
Avec : Barry Ward, Dexter Franc, Barbora Bobuľová, Timon Šturbej, Antonín Chmela
Distribué par Epicentre Films
Genre : Fiction, Drame
Origine : République tchèque, France, Croatie, Slovénie, Pologne
Durée : 1 h 50
Synopsis :
Sous le soleil de l’Adriatique, David espère profiter des vacances avec
ses deux enfants dans l’espoir de ressouder les liens familiaux. Alors
que Klára vit son premier amour, un événement brutal vient troubler
cette parenthèse et force la famille à rentrer plus tôt que prévu. Déjà
vulnérable, la jeune fille en est profondément affectée, poussant ses
parents à franchir certaines limites pour la protéger…
Ma critique :
Un père, David, séparé de son épouse Laura, emmène ses enfants Klara et Teo dans un camping en Croatie où ils sont venus étant plus jeunes.
On comprend rapidement que Klara a un problème avec l'alimentation et refuse de se nourrir. Elle souffre d'anorexie et son père est prêt à des concessions si elle mange un peu. Elle aura le droit de faire ceci ou cela, si elle avale quelque chose, etc...
Klara en joue jusqu'à demander à son père d'aller sur une plage de nudiste. Celui-ci accepte, à contre-coeur du frère qui n'en a pas envie, afin qu'elle ingurgite un peu plus de nourriture.
Un jour elle va faire la connaissance d'un jeune homme, Denis, qui trempe dans des affaires douteuses et va en tomber follement amoureuse. De là, elle va recommencer à manger, mais tout ne va pas se dérouler comme prévu et elle va retomber dans ses travers.
Ce long métrage aborde largement le problème de l'anorexie, mais aussi des relations entre les enfants et les parents.
On se rend compte du fossé qui a pu se creuser, et que les jeunes présentés ont une autre manière d'aborder la vie. Le téléphone est un des objets qu'ils utilisent le plus, et les textos entre Klara et David font partie intégrante du film.
La mère, le père, ont-ils toujours compris leur fille et leur fils et ne se cachent-ils pas derrière leurs propres problèmes ?
Lorsque David va revenir avec ses enfants en République Tchèque, il va retrouver sa femme Laura dont il est éloigné désormais. Il a trouvé un appartement, vit seul, mais comme leur fille est en train de plonger de nouveau dans ses vices, ce fait va faire qu'il vont de nouveau se rapprocher.
Comment faire pour sauver son enfant. Lui mentir ? C'est ce que va faire le père. Le malaise est palpable tout au long de ce long métrage. En effet, entre les générations une barrière s'est élevée et si les parents se concentrent sur Klara il ne faudrait pas qu'ils en oublient pour autant leur fils Teo.
Avec une mise en scène soignée, de belles images de bord de mer, une histoire intrigante car on ne sait jamais comment Klara va se comporter, on se pose des questions par rapport à ce qui est arrivé au père de David, on se demande si David et Laura vont reformer un couple et on s'inquiète pas mal pour Teo qui va peut être payer de plein fouet le fait que tout l'intérêt soit porté sur sa sœur.
Même si cette œuvre est axée sur l'anorexie, il y a beaucoup de scènes de repas. Le réalisateur a voulu montrer les déséquilibres aussi bien au niveau de Klara mais aussi de cette famille qui rencontre pas mal de problèmes.
De plus, le fait que les parents ne soient pas de la même nationalité, et bien que le père tente de parler le tchèque, un manque de communication entre sa femme et ses enfants est bien présent.
Avec des comédien(ne)s qui brillent par leur jeu, ce film aborde parfaitement la jeunesse, le fossé des générations et la fin est particulièrement brillante et nous laisse chacun avec notre propre interprétation.
Pour en savoir plus :
A propos du réalisateur
Réalisateur slovène formé à la FAMU de Prague, Olmo Omerzu s’attache à explorer la nature humaine et les relations familiales à travers ses films. Ses deux premiers longs métrages ont été présentés à la Berlinale et à San Sebastian. Son troisième long métrage, Winter Flies (2018) lui a valu le prix de la mise en scène à Karlovy Vary ainsi que six récompenses aux Czech Lion Awards, en plus d’une sélection au Festival International de Toronto. Il a ensuite présenté Bird Atlas à Karlovy Vary en 2021.
A propos des interprètes
Barry Ward est un célèbre acteur irlandais, surtout connu pour ses rôles dans les séries Britannia et Save me sur Sky Atlantic, ainsi dans le film Netflix de Stephen Burke, Maze et la minisérie The End of the F***ing World. Sa première apparition à l’écran est à l’âge de 13 ans, dans Family, réalisé par Michael Winterbottom. En 2014, il joue le rôle principal de James Gralton dans Jimmy’s Hall de Ken Loach, présenté en première au festival de Cannes, mais également dans Blood Cells de Luke Seomore et Joseph Bull, présenté au festival de Venise, où il incarne Adam.
Dexter Franc est un jeune mannequin en pleine ascension, qui s’est fait remarquer pour la première fois dans le film de Viktor Tauš, Amerikánka. Ses compétences remarquables et sa polyvalence ont rapidement attiré l’œil d’Olmo Omerzu, qui l’a ensuite choisi pour les rôles principaux du court-métrage While We Where Sleeping et du long métrage Pour Klára. En plus de son jeu devant la caméra, Dexter est également très actif au théâtre, où il a démontré son talent dans la pièce acclamée Snowflakes.
Barbora Bobuľová est une actrice slovaque, qui s’est fait connaître en République-Tchèque grâce à son rôle de la princesse Pavlinka, dans le film The Immortal Aunt. Depuis 1995, elle vit et travaille principalement en Italie. À Rome, elle fait ses premiers pas dans le long métrage Le Prince de Homburg, qui représentait l’Italie au Festival de Cannes de 1997. Son interprétation dans Cuore Sacro lui a valu le prix de la meilleure actrice aux David Di Donatello 2005 et le Ciak d’Oro. Au fil du temps, Barbora a reçu la plupart des distinctions majeures du cinéma Italien et a partagé l’écran avec Gérard Depardieu, Franco Nero et d’autres acteurs de renom.
Festivals :
Sélections
Festival international du film de San Sebastián (Espagne) Festival international du film de Mar del Plata (Argentine) Festival international du film du Caire (Égypte) Cinemateca Uruguaya (Uruguay) Festival du film Europa ! Europa (Australie)
MA NOTE : 3.6/5
Crédits photos et vidéo : Epicentre Films
AU CINÉMA LE 8 AVRIL 2026 POUR KLARA Titre original : Ungrateful Beings Réalisé par Olmo Omerzu Scénario : Olmo Omerzu, Nebojša Pop-...
Réalisé par Jean-Claude Rozec, Patrik Pass, Léon Vidmar et David Sukup
Distribué par Gebeka Films
Genre : Animation
Origine : France, Slovaquie, Slovénie, République Tchèque
Durée : 1 h 11
Pour enfants à partir de 6 ans
Synopsis :
Lors d’un séjour chez leur grand-père, Suzanne (8 ans) s’improvise
conteuse pour illuminer la maison d’histoires imaginaires et
merveilleuses qu’elle raconte à ses deux frères, Tom et Derek, afin de
combler l’absence de leur grand-mère. D’abord réticent, le grand-père
finit par s’associer à leurs jeux et, par un tour de passe-passe, fait
de leur week-end un moment de partage et de joyeux souvenirs.
- Conte de liaison
Les Contes de Suzanne
Réalisé par Jean-Claure Rozec - France
- Conte 1
Les Orphelins
Réalisé par David Sukup - République Tchèque
L'histoire :
Le premier conte (construit à partir d’un parapluie, d’un petit chat et de policiers) met en scène un frère et une sœur, récemment isolées chez eux suite à l’hospitalisation soudaine de leurs parents : l’apparition d’un chat magique prenant l’apparence d’une tante aimante, leur viendra en aide.
- Conte 2
Les vieux trognons de pommes
Réalisé par Patrick Pass - Slovaquie
L'histoire :
La deuxième histoire (construite à partir d’une forêt hantée, d’une bête monstrueuse et d’un trognon de pomme) est celle d’un garçon nommé Jonas qui a du mal à s’affirmer. Dans un jardin en friche aux allures de jungle, il fait la connaissance d’une vieille Indienne qui semble sortie d’un conte de fées et doit affronter un monstre qui hante le jardin. A travers cette histoire, Jonas découvrira le pouvoir de l’imagination et prendra confiance en lui.
- Conte 3
Le journal de la Veille
Réalisé par Leon Vidma - Slovénie
L'histoire :
Le troisième récit (construit à partir d’un oiseau plein de couleurs, d’une couronne et de pantoufles) met en scène Bogdan, un veuf qui a perdu le goût à la vie jusqu’au jour où il découvre qu’il peut voler ! Il quitte son quotidien déprimant pour un voyage jusqu’en Afrique où il est couronné roi des oiseaux.
Chaque histoire que les trois enfants et le grand-père se racontent, participe du processus de deuil et, au fil du récit, les aide à accepter la disparition de la grand-mère et à retrouver leur joie de vivre.
Les Contes du pommier est un long-métrage en stop-motion, une technique aussi artisanale qu’exigeante. La magie qui se dégage de ce genre d’animation est unique : une marionnette inerte se meut sous nos yeux, sans artifice, la légère saccade du mouvement étant l’unique trace des centaines de manipulations de l’animateur qui, image par image, a patiemment créé une gestuelle, une attitude, un sentiment. L’aspect tangible de l’animation stop-motion, participe de la singularité du film à un moment où nous constatons une forme de « revival » de cette technique artisanale chère à des réalisateurs comme Claude Barras, Tim Burton, Nick Park ou Guillermo del Toro.
Mon avis :
Les plus petits, comme les adultes se prendront au jeu et j'ai trouvé que ce film d'animation était très touchant et très ludique.
Il aborde un sujet triste qu'est la perte d'un être cher, mais au travers d'enfants, d'un grand-père, d'un souvenir d'une grand-mère, d'un objet qu'est le chapeau, la petite sœur va arriver à distraire et à transporter ses frères et même son grand-père.
Il prouve que la transmission est importante et qu'il faut garder dans son cœur celles et ceux que l'on aime et que si on ne les oublie pas, et qu'en les faisant revivre, via une histoire, des images, la pensée ils ou elles seront toujours là.
Extrêmement bien réalisé en stop motion, les histoires sont intéressantes, les couleurs du film sont chatoyantes.
Sans tomber dans le larmoyant, toutes ces histoires liées, et qui apportent toutes quelque chose, comme l'abandon, la peur, etc... feront que les enfants, comme les grands seront captivés car Les contes du pommier est un long métrage avec beaucoup de profondeur et que j'ai trouvé très beau et qui aborde de nombreux sujets de la vie telle qu'elle est.
Pour en savoir plus :
Les Contes du pommier (titre original Of Unwanted Things and People) est l’adaptation de nouvelles pour les enfants écrites par le célèbre écrivain tchèque Arnošt Goldflam.
Ces nouvelles, mélangeant humour et réalisme fantastique, furent un énorme succès d’édition en République Tchèque et en Slovaquie. Elles évoquent des sujets tabous que les parents ne souhaitent pas aborder, mais que les enfants veulent connaître, comme la mort, la vieillesse ou les conflits familiaux. Parce qu’il a connu la paternité à un âge avancé et craignait de ne plus être là lorsque ses enfants seraient grands, Arnošt Goldflam a écrit ce livre pour leur laisser une trace significative. Il a compris l’importance de parler en toute franchise avec les enfants.
L'auteur :
L’écrivain tchèque Arnošt Goldflam, né le 22 septembre 1946 à Brno, a écrit un livre d’histoires courtes pour enfants intitulé Of Unwanted things and people (À propos de choses et de gens inutiles) dont le film Les Contes du pommier est
l’adaptation. Peu connu en Europe de l’Ouest, il a grandi avec
l’héritage de la Shoah et de l’occupation soviétique. Quinze membres de
sa famille ont péri pendant la 2ème guerre mondiale. D’abord auteur et
metteur en scène de théâtre, il a commencé à écrire des contes pour le
jeune public à la naissance de son premier enfant. Père âgé et inquiet
de ne pas voir grandir son enfant, il souhaitait lui transmettre des
récits susceptibles de l’aider à aborder de grandes questions
existentielles. Arnošt Goldflam se définit souvent comme un « défaitiste
joyeux ». Avec son style combinant réalisme dé- senchanté, merveilleux
et humour, il suggère à ses jeunes lecteurs que, dans les moments
particulièrement difficiles, le monde qui les entoure est moins
désespérant qu’il n’y paraît. Tout ce qui est rejeté, indésirable ou
oublié peut rencontrer la bienveillance ; ce qui semble irrémédiablement
détruit peut renaître et il est possible de cultiver un peu de gaieté
dans un monde de désolation.
Si Arnošt Goldflam a
rencontré un tel succès avec des sujets aussi graves, c’est qu’il a la
conviction inébranlable que les imaginaires forts et la fantaisie qu’il
insuffle dans ses récits, aident à créer de nouvelles perspectives et,
par la même, à surmonter les crises et à atténuer les grandes peines. Le
film adapté de son œuvre souhaite s’affranchir des propositions
formatées - et trop souvent édulcorées - qui submergent les écrans à
destination des jeunes spectateurs.En février 2025, Arnošt
Goldflam était avec les réalisateurs sur la scène de la Berlinale,
visiblement heureux de partager avec le public la première
internationale du film.
Le film est donc structuré autour de trois histoires courtes et bouclées adaptées des nouvelles, ainsi que d’un récit transversal original faisant le lien entre les trois histoires. Les trois récits relèvent du conte, tandis que l’histoire transversale est plus ancrée dans le réel, mais va progressivement évoluer vers le merveilleux. Elle adopte le point de vue de Suzanne, une petite fille de 8 ans qui vient rendre visite avec ses deux frères à son grand-père, récemment veuf. Ce dernier semble se replier dans la solitude et n’a plus le désir de raconter ces histoires qui faisaient le bonheur de ses petits-enfants. Tom, qui n’a pas vraiment compris que sa grand-mère ne reviendrait pas, est chagrin. Derek fuit le climat pesant de la maison en se réfugiant dans une cabane délabrée perchée dans un vieux pommier. Suzanne, consciente de la peine de son grand-père et de celle de ses frères, va s’improviser conteuse pour que le merveilleux reprenne ses droits. Trois histoires vont alors rythmer leur séjour nécessitant à chaque fois que l’auditoire choisisse trois ingrédients, comme le faisait la grand-mèreChaque histoire que les trois enfants et le grand-père se racontent, participe du processus de deuil et, au fil du récit, les aide à accepter la disparition de la grand-mère et à retrouver leur joie de vivre
MA NOTE : 3.7
Festivals :
- Berlinale 2025 Generation Kplus
- Annecy 2025 Contrechamp
- Prix ECFA du meilleur film européen au Festival du Film de Giffoni 2025
- Prix du public au Festival International du Film d’Amman 2025
Crédits photos et vidéo : Gebeka Films
AU CINÉMA LE 8 AVRIL 2026 LES CONTES DU POMMIER Réalisé par Jean-Claude Rozec, Patrik Pass, Léon Vidmar et David Sukup Distribué par G...