Critique film d'animation Petite Casbah réalisé par Antoine Colomb
AU CINÉMA LE 14 OCTOBRE 2026
PETITE CASBAH
Réalisé par Antoine Colomb
Un film écrit par Alice Zeniter, Alice Carré et Marie De Banville
Distribué par Les films du Préau
Genre : Animation
Origine : France
Durée : 1 h 24
Pour enfants à partir de 6 ans
Synopsis :
Algérie, juin 1955. Khadidja quitte la Kabylie pour rejoindre son grand frère Malek à Alger. Suite à une altercation au marché, il se fait arrêter par la police et Khadidja se retrouve seule. Heureusement, Lyes, Ahmed et Philippe vont tout mettre en œuvre pour l’aider à retrouver Malek. Depuis les toits de la Casbah, les quatre enfants mènent l’enquête. À travers les aventures de quatre jeunes amis issus de différentes communautés d’Alger, Petite Casbah raconte, à hauteur d’enfant, l’Algérie aux prémices de la guerre d’Indépendance.
Ma critique :
Voilà une manière judicieuse, au travers de ce film d'animation, d'apprendre un pan de l'histoire aux enfants, mais aussi aux grands qui ne la connaîtraient pas.
L'action se déroule en 1955 et la colère gronde dans le peuple algérien et les prémices de la guerre d'Algérie commencent à poindre.
Khadidja qui jusqu'alors vivait auprès de sa mère dans la campagne, vient s'établir chez son grand-frère à Alger afin d'aller à l'école. Elle ne pense qu'à le suivre au marché où il tient un stand, et un jour où il va avoir oublié quelque chose, elle va le suivre et l'aider à vendre jusqu'au moment où des policiers français vont chercher des broutilles à Malek son frère. Ce dernier en voulant secourir une vieille femme va incidemment frapper l'un des deux représentants de l'ordre et se retrouver en prison.
De là, plus question pour Khadidja de retourner dans l'appartement et elle va être hébergée et vivre dans une maison sans toit, logée par un jeune garçon qui vit dans la rue mais qui connaît bien Malek. Ils vont découvrir un carnet qui contient des mots et des chiffres codés et vont tenter de trouver ce qu'il veut bien dire, et surtout tenter de faire libérer Marek, qui en fait n'a rien fait, aidé en cela par deux autres copains un algérien et un juif.
Ils vont vivre des aventures, devoir échapper à la police, retrouver des connaissances de Malek et devoir affronter un jeune français de leur classe qui sous prétexte que son père représente la loi se croit tout permis.
Il est intéressant de voir la domination que croyaient avoir certains français installés là bas et comment le peuple algérien devait se plier à certaines règles inacceptables. On comprend aisément, après des années de colonisation, que le peuple a voulu retrouver son identité et devenir indépendant et ne plus appartenir à la France.
Il y a cependant, malgré l'uniforme, des hommes bons, qui ne pensent pas comme leurs supérieurs et font tout pour repartir en France, où ferment les yeux sur certaines choses.
On se rend compte également que la plupart des enfants ne font pas de distinction et vivent très bien entre eux, quelque soit leurs origines.
Il ne faut pas occulter l'histoire telle qu'elle a été, et réalisant et en livrant ce long métrage de cette manière, les enfants peuvent comprendre ce que vivaient les autochtones. Une période qui est certes abordée par des documentaires, témoignages, films mais encore jamais de cette manière.
Au niveau de la forme, Antoine Colomb livre un film très coloré, nous montre les différents quartiers d'Alger, la mer que Khadidja n'a jamais vue et qu'elle désire découvrir, et l'a voulu en animation 2D.
Ce n'est en rien brutal. On s'aperçoit que l'entraide, la solidarité et surtout l'amitié font avancer les choses et qu'il n'y a pas y avoir des gens qui se pensent supérieurs aux autres, car quelque soit notre nationalité, nos idées politiques ou religieuses, nous sommes tous des humains
Contexte :
Petite Casbah s’inscrit dans un mouvement de travail de mémoire collectif essentiel. C’est une occasion unique de libérer une parole intergénérationnelle.
En 1955, l’Algérie appartient à la France depuis plus de 100 ans et Alger est un département français. Notre histoire se déroule aux prémices du conflit et si des tensions pouvaient être ressenties, la violence de la guerre n’avait pas encore atteint la ville.
Le but de Petite Casbah n’est donc pas de chroniquer une guerre mais de montrer comment des enfants appartenant à des milieux sociaux et à des ‘camps’ différents sont capables de dépasser la haine et les préjugés des adultes.
Le propos de ce film dépasse ainsi les frontières de l’Algérie, et bien des points rendent cette histoire universelle puisqu’au-delà des rapports entre colons et colonisés, nous suivons une bande d’enfants qui va se constituer et s’élever contre l’injustice. *
Les personnages :
Khadidja - 9 ans
Elle vient tout juste d’arriver à Alger pour rejoindre son frère Malek qui avait quitté leur Kabylie natale il y a quelques années. Ils viennent d’une famille pauvre de la campagne et espèrent sortir de leur condition à la ville. Malek espère ainsi faire entrer Khadidja dans une école d’Alger.
Elle a un fort caractère, ce qui lui vaut le surnom de « Petit hérisson » et est prête à tout pour obtenir ce qu’elle veut sans se rendre forcément compte du danger. Elle est loyale, fidèle en amitié et admirative de son frère, de Lyes, de Djamila de qui elle se méfie pourtant. C’est la plus jeune du groupe, elle attire leur sympathie et il va être naturel pour tous de la protéger, surtout pour Lyes qui voit en elle une petite soeur.
Lyes - 11 ans
Sa mère l’a amené chez un oncle, à Alger pour l’éloigner des zones de conflit de son village chaoui dans les Aurès.
Malheureusement, cet oncle refuse de le garder et Lyes se retrouve enfant des rues, malgré lui. Débrouillard et astucieux, Lyes se crée vite un réseau et trouve des petits boulots comme cireur de chaussures ou coursier… Il a même trouvé une cabane sur un toit de la casbah pour dormir et la loue, la journée, à deux garçons qui cherchent un endroit tranquille pour boxer et dessiner. Habitué à se déplacer seul dans la ville, il a noué des contacts avec une grande partie de la population des rues.
Plein d’ironie et de répartie, il a une manière bien à lui d’habiter Alger et de ne pas se laisser marcher sur les pieds.
Ahmed - 10 ans
C’est l’aîné de sa famille. Il a trois frères et une sœur qui vient de naître. Son rôle de grand-frère lui pèse un peu. Sa famille a toujours vécu à Alger dans le quartier de Bab-el-Oued. Ahmed est fasciné par l’architecture et passe son temps à dessiner les immeubles du futur et la ville d’Alger. Il traine sur les toits en observant les grues et en rêvant l’avenir des pentes de la ville, semées de grands édifices. Il va à l’école
avec Philippe.
avec Philippe.
Il est rêveur, toujours au ralenti, c’est le moins pragmatique de la bande. Il déteste les conflits et a plutôt le rôle de (ré)conciliateur. Il est toujours partant pour l’aventure sauf s’il risque de rencontrer un djinn. Sa superstition, c’est son talon d’Achille.
Philippe - 10 ans
Il est le fils d’un contremaître de la manufacture de tabac de Bab-El-Oued et d’une couturière. Juif d’Algérie, Philippe vit dans les rues de Bab-el-Oued qui touchent la Casbah. Qu’il soit en uniforme pour l’école ou en tenue de ville, Philippe est toujours bien habillé grâce aux efforts de sa mère, Sarah, mais il termine toujours par se tâcher, provoquant le courroux de sa mère. Sa famille est plutôt modeste. Il est fils unique et subit la surprotection de ses deux parents, traumatisés par la Shoah et très angoissés depuis la Toussaint Rouge.
Philippe a une passion : la boxe. Il adore aller traîner du côté du Mouloudia Club. Il rêve de devenir boxeur, comme son idole Alphonse Halimi, la star montante de la boxe algéroise, qui porte une étoile de David sur son short et qui est, comme lui, fils de tailleur. Il rêve aussi qu’Annie Gomez, la fille du patron de son père, le remarque un jour. *
Guy - 10 ans
Il est le fils du policier giflé par Malek. Il cherche à obtenir l’attention de son père qui est très distant avec lui. Il est en classe avec Philippe et Ahmed qu’il déteste, car il est probablement jaloux de leur amitié.
Il est né et vit à Bab-el-Oued mais ses parents sont de la Métropole, arrivés à Alger juste avant sa naissance. Il aime se proclamer français mais ne connaît le continent que de nom et parfois pendant les vacances. Lorsqu’il va apprendre la mutation de son père en métropole, il perd toute contenance. Il est né ici, sa maison est à Alger, il n’a aucune envie de partir.
Malek - 20 ans
Malek est le grand-frère de Khadidja. Il a une vingtaine d’années. Il espère pouvoir échapper à sa vie de vendeur sur le marché et rêve d’ascension sociale. Il rêve de pouvoir faire entrer à l’école sa petite sœur, nouvellement arrivée à Alger.
Il travaille au marché et aide une jeune étudiante Djamila en cachant un carnet, pour une organisation qu’il ne connaît pas. Il ne sait rien du contenu de ce carnet, si ce n’est qu’il rend service à Djamila. Il ne supporte pas l’injustice.
Djamila - 20 ans
Djamila est une jeune femme d’une vingtaine d’années, une amie de Malek. Elle aide les mouvements indépendantistes. Elle est étudiante en droit à l’Université d’Alger. Très brillante, d’une famille plutôt aisée, elle est révoltée contre l’injustice.
Elle a un look très occidental pour s’intégrer parfaitement dans les milieux français. Déterminée et courageuse, elle fera tout son possible pour faire sortir Malek de prison. *
MA NOTE : 3.6/5
Crédits photos et vidéo : Les Films du Préau - Lunanime
* Textes issus du dossier de presse
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